On nous pose souvent la question « Il y a déjà des organismes qui font ça, non? »
C’est une question qui est bien légitime. Et la réponse honnête qu’on pourrait donner c’est en fait: oui et non.
Oui, il existe au Québec des organisations incroyables qui travaillent à l’intersection des arts et de l’interculturalité. Le MAI, à Montréal, fait un travail essentiel en diffusant des pratiques artistiques interculturelles professionnelles et en accompagnant des artistes issu·e·s de la diversité. Les conseils régionaux de la culture (CRC) soutiennent la création partout sur le territoire québécois. Des centres communautaires, des organismes d’intégration, des collectifs d’artistes, chacun·e à sa façon contribuent à rapprocher les gens.
Nous avons beaucoup de respect pour tous ces organismes car nous partageons des valeurs avec elleux.
Mais non, personne ne fait exactement ce que La Boîte fait.
Trois choses qui nous distinguent vraiment:
Le territoire rural, comme point de départ
La plupart des initiatives interculturelles prennent racine dans les centres urbains. La Boîte a fait le choix inverse depuis le début: s’installer dans les milieux ruraux du Québec non pas pour y apporter la diversité de l’extérieur, mais pour révéler celle qui existe déjà, souvent invisible, souvent sous-estimée.
Parce que la ruralité ce n’est pas homogène. Elle est traversée de rencontres, d’histoires, de présences venues d’ailleurs et elle mérite des espaces pour les vivre pleinement.
Les arts comme levier, pas comme décor
On n’utilise pas les arts pour «pour habiller une démarche d’inclusion » ou pour animer un événement de sensibilisation. Les arts sont, pour nous, le moyen le plus direct et le plus honnête de créer une rencontre interculturelle réelle.
Parce qu’une mélodie traverse une salle sans visa. Parce que créer ensemble oblige à s’écouter d’une façon qu’aucune réunion ne réussit vraiment. Parce que l’art crée un espace où personne n’a à avoir raison et c’est rare, un espace comme ça.
L’accompagnement dans la durée
C’est peut-être ce qui nous distingue le plus profondément.
Là où d’autres organisent des rencontres interculturelles, La Boîte les accompagne — parce qu’une vraie rencontre ne se termine pas quand la salle se vide.
Depuis 2018, on travaille autrement. Pas de programmation à distance, pas de passage éclair. On s’installe dans les milieux, on apprend à les connaître, on crée avec eux — et on reste bien après que le dernier applaudissement s’est tu. Cet accompagnement, c’est notre façon d’être. Il s’adresse autant aux artistes qu’aux communautés avec qui nous collaborons. Parce qu’une rencontre interculturelle qui laisse des traces, ça ne s’improvise pas — ça se cultive, dans la durée, avec soin.
Pourquoi est-ce que ça compte de le nommer?
Pas pour se vanter. Pas pour diminuer le travail des autres.
Mais parce que nommer ce qu’on fait vraiment — et ce que personne d’autre ne fait tout à fait, c’est aussi une façon de dire à nos partenaires, à nos bailleurs de fonds, et aux communautés qu’on accompagne: vous n’avez pas affaire à un organisme générique. Vous avez affaire à La Boîte interculturelle. Et La Boîte, ça ressemble à ça.
Des rencontres où personne n’est spectateur·trice. Où chacun·e apporte, reçoit, et repart changé·e.
Des communautés rurales qui découvrent ce qu’elles portent déjà.
Des rencontres qui continuent longtemps après qu’on a éteint les lumières.
