17 juin 2026

Hommage à Jim Aquila, c.s.c.

C’est avec une profonde tristesse que nous rendons hommage à notre cher ami Jim Aquila, c.s.c., une âme généreuse et douce dont le talent derrière la caméra a marqué tant de projets et tant de vies au fil des années.

Jim était bien plus qu’un cinématographe d’exception. Pendant de nombreuses années, nous avons eu l’honneur de travailler à ses côtés, notamment auprès de la réalisatrice Dr. Laura Sky, cinéaste extraordinaire avec qui il a collaboré sur plusieurs projets marquants. Ce qui distinguait le travail de Jim n’était pas seulement son excellence technique indéniable, mais sa façon profondément humaine de filmer : pour lui, chaque image n’était pas qu’une image, mais un acte de respect envers la personne devant la caméra. Il savait capter l’essence d’un être, son environnement, sa vérité — avec une douceur et une sensibilité rares.

Cette approche, cette caméra à l’écoute, sans jugement, a profondément touché celles et ceux qui ont vu son travail au fil des années. C’est d’ailleurs Jim lui-même qui, après avoir visionné Mamu Ensemble Together, un film réalisé par La Boîte interculturelle que nous lui avions fait parvenir pour connaître son point de vue, en a si bien décrit l’impact : 

« Tout d’abord, je dois dire que j’ai trouvé les images d’une beauté frappante. Et la raison de cela, au-delà de la cinématographie exemplaire et techniquement irréprochable, tient peut-être à la façon dont les sujets sont représentés : simplement tels qu’ils sont, leurs vulnérabilités clairement visibles. Et c’est cette intimité qui attire le spectateur — la personne qui parle ou qui fait de la musique est vulnérable, et cela expose en retour la vulnérabilité du spectateur. Cette vulnérabilité, qui n’est pas un acte conscient mais plutôt une réaction émotionnelle à ce qu’on voit, comme quelque chose de réel et d’authentique. Le spectateur, je crois, ne peut plus « écarter » cette personne, cet « autre », en raison du regard sensible et sans jugement de la caméra, et du message direct et accueillant présent dans tous les dialogues, les situations, et les « conversations » directes face à la caméra. En tant que spectateur, on est forcé de s’engager de façon réciproque dans cette conversation directe, « en tête-à-tête », et « l’autre » cesse d’être « l’autre » — le spectateur change alors de façon discrète mais tangible, pas seulement en acceptant la personne à l’écran, mais aussi, par défaut, d’autres personnes qui lui ressemblent, qui ne peuvent plus être écartées ou catégorisées, mais qui méritent plutôt des gestes supplémentaires lors de futures rencontres, avec cette conviction désormais ancrée que toute personne peut être intéressante. Qu’il est faux de préjuger d’une personne ou d’une situation.

Et c’est exactement ce que votre film accomplit, de façon absolue et magnifique. On voit des « Canadiens » s’ouvrir, exposer leurs propres vulnérabilités, et faire ainsi, tout en douceur, la démonstration même du propos du film, de cette démarche de cette bande de musiciens attachants, qui tendent la main, et qui en sont récompensés. Vos spectateurs ressentiront eux aussi une forme de récompense en apprenant à connaître ces gens qui semblent avoir un amour de la vie, des autres, malgré le fait qu’ils aient pu être jugés (injustement) si souvent — comme l’a dit l’un d’eux : « Je peux t’accepter comme tu es, ne peux-tu pas m’accepter comme je suis? » Cette phrase en particulier, par sa simplicité percutante et sa clarté, est impossible à réfuter.

D’autres encore parlent, étonnamment, presque en philosophes du racisme, parce qu’ils ont dû le vivre et y faire face. Et les spectateurs, peu importe leurs préjugés antérieurs, doivent désormais non seulement en prendre conscience, mais aussi les remettre en question. C’est là, justement, la réussite de votre film.

C’était si bon de voir Nathalie à l’écran, d’y retrouver la Nathalie que j’ai toujours aimée — et encore une fois, je dois souligner le travail de caméra exceptionnel, et le montage stable, hautement créatif, qui m’a tenue captivée jusqu’à la fin. Un film magnifique, d’une puissance tranquille. Bravo et brava. Bonne chance pour la tournée. Et merci beaucoup d’avoir pris contact et de m’avoir permis de le voir. » (traduction libre)

Jim laisse derrière lui un héritage de douceur, de créativité et d’humanité, visible dans chaque image qu’il a su capter avec tant de soin. Il restera dans nos mémoires comme un artiste sensible, et surtout, un ami au cœur immense.

Nos pensées accompagnent sa famille et tous ceux qui ont eu la chance de le connaître et de travailler avec lui.

Crédit photo:Vincenzo Pietropaolo 

Abonnement
à l'infolettre

Abonnez-vous à notre infolettre et restez informé des derniers développements

Inscription infolettre

Autres articles

20230625_142344 (1)
Danser avec une nouvelle culture
Une palette d’appartenance
Bienvenue chez La Boîte interculturelle!
Bienvenue chez La Boîte interculturelle!
Boite_interculturelle_VisaForMusic_Infolettre_1200x1000_ANG
La Boîte interculturelle à Visa For Music
Boite_interculturelle_Conference_CoteIvoire_01_VisualAsset_1200x1200_v2 (1)
Collaboration culturelle entre le Canada et la Côte d’Ivoire
Tafari Slam, jeune poète et slameur originaire de la République démocratique du Congo
Tafari Slam, jeune poète et slameur